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Social, Strategie, TechnologieNovember 17, 2017

CFPJ Buzz : « Les nouveaux formats vidéo : armes fatales ou pas ? »

Selon une étude Cisco, 82 % du trafic internet sera de la vidéo à l’horizon 2020. Ce chiffre explique l’attrait de la vidéo pour les participants du CFPJ Buzz (conférence organisée par le CFPJ) ont largement plébiscité ce thème pour cette nouvelle édition. Pour nous décrypter les enjeux de la vidéo sur le digital, 3 experts sont invités à présenter leur vision : Charles Henry Groult – journaliste rédacteur multimédia chez LeMonde.fr, Manuel Diaz – président de l’agence de com E Makina et Fabienne Lochardet – directrice pédagogique Groupe Abilways. Voici un résumé des échanges…

La vidéo, un vecteur d’émotions

Pour Manuel Diaz et Fabienne Lochardet, l’avantage de la vidéo par rapport à d’autres formats est de susciter une émotion. Cette émotion permet d’ancrer une idée, de faciliter l’apprentissage et de capter l’attention du spectateur.

La réalisation d’une vidéo à destination du web doit répondre au cahier des charges de chaque support : une vidéo sur Facebook doit être différente d’une vidéo diffusée sur son site en raison des usages du consommateur sur chaque média. Par exemple sur Facebook, le son n’est jamais activé (tout comme sur mobile) d’où l’importance de mettre des sous-titres.

Néanmoins des dénominateurs communs existent d’un point de vue technique et éditorial. Pour réussir une vidéo, l’introduction et l’outro (la conclusion) doivent être particulièrement soignées. L’introduction est un élément clé, les 3 premières secondes sont déterminantes dans l’attrait du spectateur pour le contenu. Ainsi, il faut être percutant et surprendre (si possible) dès le départ (évitez de mettre un générique de départ). L’outro est le moment de la signature du média, de la marque pour installer une identité visuelle. De même, le son doit être un élément soigné de votre vidéo : il doit être audible sans problème. Enfin, un montage bien réalisé est déterminant pour la consommation du contenu. Le « montage cut » démocratisé par les Youtubeurs, un montage simplifié où l’on passe sans transitions ni effets d’une séquence vidéo à l’autre, est très apprécié par les internautes.

D’un point de vue éditorial la vidéo ne se suffit pas en soi, elle doit renvoyée vers un complément. Elle sert de porte d’entrée via la plateforme de diffusion pour attirer sur le site.

Les médias traditionnels et les vidéos : exemple du Monde.fr

Pour Charles Henry Groult, la vidéo doit être un outil maîtrisé par le journaliste pour 2 raisons : pour diffuser de l’information bien sûr mais aussi pour vérifier l’information. Connaître les codes d’utilisation des vidéos est un élément de contexte pour le journaliste indispensable à la vérification de l’information.

La production de vidéos quotidienne demande une équipe étoffée. L’équipe du Monde.fr est composée de 12 journalistes polyvalents. Chacun sait tourner, monter et bien entendu éditorialiser les contenus. Cela permet de produire 2/3 vidéos par jours.

LeMonde.fr utilise également des agences d’images (Reuters, AFP…) pour récupérer des rushs. A partir de ces images brutes, les journalistes produisent du contenu en ligne avec l’actualité tout en apportant des compléments d’informations.

Cette équipe est complétée par 7 personnes entièrement dédiées à Snapchat pour produire un contenu par jour pour une audience de 200 000 vues par jour.

In fine, pour chacun des intervenants la vidéo est une arme fatale : pour attirer des internautes sur son site et ainsi « monétiser » son audience (LeMonde.fr), pour faire passer un message corporate (E Makina) ou encore pour l’apprentissage (Abilways). Une arme fatale donc mais dont le fond et la forme doivent être particulièrement soignées par attirer une audience qualifiée.

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