Médias, News, Socialjanvier 17, 2019

Quelles nouvelles sources de monétisation pour la presse digitale ?

Quelles nouvelles sources de monétisation pour la presse digitale ?

Au cours d’une conférence sur le futur du métier de journaliste organisée par Cision France, l’un des intervenants, Nicolas Arpagian, a eu cette phrase vraie – bien que hors de la tendance actuelle – qui m’a marqué : « Pour que l’information ait une valeur, elle doit avoir un prix ». Ce fait est aujourd’hui mis à mal par les nouvelles habitudes : l’information est gratuite et rapidement consommée, voire oubliée. La pub et les abonnements payants n’étant pas suffisant pour compenser les coûts d’une rédaction, nous allons nous intéresser aux autres sources de revenus des médias digitaux.

A la 10e édition de la « Presse du futur » qui s’est tenue à Paris fin novembre 2016, trois personnalités de la presse en ligne sont venues débattre des modèles économiques possibles pour ce secteur. Avant d’entamer les débats, les interlocuteurs ont rappelé des chiffres clés : 38 millions de Français consultent la presse en ligne tous les jours, soit 68 % de la population active. 74 % des 25-35 ans lisent un titre de la presse quotidienne nationale (PQN) chaque jour, dont 77 % d’entre eux lisent la PQN sur un support digital. Ainsi, la presse digitale a permis de constituer une nouvelle audience. Les participants de cette table ronde (Corinne Denis, directrice du Numérique et du Développement des Revenus pour le Groupe Lagardère Active ; Jean-Charles Falloux, directeur Digital Média et Innovation Technologique pour le groupe Les Echos/Le Parisien et Oliver GEROLAMI, président-directeur général du groupe Sud Ouest) sont unanimes. La rentabilisation des investissements dans la presse digitale repose sur trois piliers : l’optimisation, la diversification et la personnalisation.

Comme l’explique Oliver Gérolami, la presse digitale connait aujourd’hui trois évolutions : on passe d’une audience d’un ordinateur classique à une audience mobile, et du côté annonceur, on passe de la bannière classique au native advertising ainsi que du nombre d’impressions délivrées au nombre d’impressions qualifiées en termes de ciblage (CSP, localisation…). Ces changements ne sont pas les seuls en marche dans la presse digitale. Les réseaux sociaux ont modifié la relation du lecteur avec l’information. Celui-ci veut accéder à l’information gratuitement. Même si la pub vient atténuer le manque à gagner, celle-ci ne peut pas compenser à elle seule les coûts engendrés par une rédaction.

Optimiser le contenu présent

L’optimisation de la présence digitale de la presse peut prendre plusieurs formes : optimisation technique, optimisation éditoriale, optimisation organisationnelle… Des optimisations techniques sur des sites médias peuvent être réalisées afin de limiter au maximum le temps de chargement des pages ou améliorer la performance SEO des articles (référencement naturel) et ainsi augmenter naturellement les audiences, ce qui favorisera la publicité.

Le groupe Les Echos s’inspire des modèles des start-up pour se réorganiser en développant l’agilité des circuits courts pour faire des économies. Selon Jean-Charles Falloux, c’est près de 30 % de réduction des coûts de production qui peuvent être baissés. Ces économies pourraient être réinvesties dans la data-science : l’un des objectifs de cette « science » est de pouvoir calculer en temps réel le chiffre d’affaires réalisé sur les pages du groupe. A terme, on peut prévoir un pilotage des contenus produits par la data. Seuls les contenus les plus rentables pourraient être produits en fonction de la valeur créée.

Une des sources potentielles de revenu est la valorisation des big data. Les visites sur les sites laissent des traces. Ces indicateurs permettent de mieux connaître votre audience et ainsi de proposer une offre éditoriale personnalisée. Par exemple, si un internaute est intéressé par des études payantes mises à disposition sur le site, faut-il lui faire payer un accès payant aux autres contenus du site ? La question est ouverte…

Les services clés de la diversification des médias

Beaucoup d’organes de presse ont fait le choix de diversifier leurs offres pour trouver de nouvelles sources de revenus. C’est le cas notamment pour les trois acteurs présents à cette table ronde. Pour le groupe Les Echos et Sud Ouest, il s’agît de proposer des services de communication aux entreprises. Le groupe Les Echos propose ainsi « Les Echos Solution », dont le but est de fournir aux entreprises de nouveaux formats éditoriaux : newsletter, podcast, vidéo… Les Echos organise également des conférences professionnelles payantes. A terme, l’objectif du groupe est de réaliser 50 % de son chiffre d’affaires dans les services aux entreprises.

Le journal Sud Ouest propose également des services de communication aux entreprises : création de site internet, animation de réseaux sociaux, conseils éditoriaux etc. En plus de ce type d’activité, le journal régional a lancé un incubateur de start-up pour être au plus proche des innovations qui pourraient modifier le monde des médias digitaux.

Chez le Groupe Lagardère ce sont également des services qui ont été choisis pour accompagner le développement économique des sites. Par exemple, le célèbre site de santé doctissimo.fr propose des services de soins en fonction des contenus consommés.

Les réseaux sociaux bons pour l’audience, mauvais pour la monétisation

Pour Sud Ouest, les réseaux sociaux apportent de l’audience, un public jeune et urbain mais qui reste dans un univers 100 % gratuit. Selon Gerolami, les réseaux sociaux ne sont pas un bon outil pour monétiser. Le nombre d’abonnements n’est pas proportionnel au nombre de fans sur les réseaux sociaux. Pour preuve, les chiffres communiqués par le DG du Groupe Sud Ouest : 30 millions de visites par mois (10 millions selon SimilarWeb) sur le site, 250 000 inscrits aux newsletters du groupe pour un total 26 000 abonnements payants par mois à 9,90€, alors que le groupe compte au moins 550 000 fans sur les réseaux sociaux (Twitter & Facebook dans le cas présent).

De même pour Lagardère, les réseaux sociaux sont des alliés de l’audience mais pas de la monétisation. Selon Corinne Denis, Youtube est le réseau social qui a le plus de potentiel de monétisation grâce à la pub : le format vidéo est celui dont les revenus augmentent le plus. Les médias n’ont pas d’autre choix que de devenir petit à petit des producteurs de vidéos.

La presse traditionnelle est en pleine mutation structurelle pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation de l’information. L’incertitude qui plane sur la valeur et la qualité de l’information sur les médias sociaux nous oblige à trouver des moyens de financement pour des rédactions. Néanmoins une chose est sure : les médias ne se tuent pas entre eux. Comme le disait Fréderic Mitterrand dans l’émission « Ça vous regarde » de LCP « aucun média ne tue un autre, le cinéma n’a pas tué le théâtre, la télé n’a pas tué le cinéma, internet n’a pas tué la télé ». Ainsi je fais le pari que les réseaux sociaux ne tueront pas la presse digitale mais celle-ci va devoir s’adapter pour survivre.

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@ThomG75

Quelles sont les utilisations de Twitter dans sport par les acteurs du sport ?

Tous les utilisateurs de Twitter l’ont remarqué : un jour d’événement sportif les hashtags en tendance sont souvent dominés par le match de foot, la rencontre de tennis ou encore l’opposition de rugby. Réseau social numéro 1 de l’instantanéité, Twitter est devenu notre second écran lorsque nous suivons un événement sportif : 60 % des fans de sport utilisent Twitter devant la TV. Avec la plateforme du « temps réel » on va vivre sa passion en partageant avec les autres Twittos, en regardant ce qu’ils disent et en commentant les phases de jeu. Conscients de ce fait, Twitter et les acteurs du sport ont mise en œuvre différentes utilisations du réseau social que nous allons développer dans cet article.

Qui sont les parties prenantes des discussions sportives sur Twitter et comment elles interagissent ?

Les acteurs du sport sur Twitter sont nombreux : Fans, athlètes, équipes, médias et les marques s’approprient les discussions sportives sur la plateforme. Chacun d’entre eux possède ses propres codes et façon d’utiliser twitter :

Les fans : éléments clés dans la monétisation du secteur sportif, les fans ou supporteurs vivent l’événement sur Twitter en partageant leurs émotions en temps réel. Ils peuvent également être à l’origine de phénomènes viraux comme lors du dernier Euro de football quand un supporteur irlandais s’est filmé de chez lui en reprenant le titre des années 1990 de Gala « Free from desire » ? (cf : http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-internet/20160622.RUE3220/pourquoi-freed-from-desire-le-tube-de-gala-reapparait-sur-les-reseaux-sociaux.html) cette vidéo est devenue virale pour finalement devenir l’hymne officielle des supporteurs irlandais.

Les athlètes : Omniprésent sur les réseaux sociaux les sportifs font pour la plupart des vidéos courtes se mettant en scène à l’entrainement ou avec leurs coéquipiers. Ils partagent leur quotidien de sportif de haut niveau mais aussi livrent leurs émotions après les matchs. Heureusement tous n’ont pas la même utilisation de Periscope que le joueur du Paris Saint Germain Serge Aurier… http://www.sudouest.fr/2016/02/14/video-c-est-une-fiotte-serge-aurier-derape-et-s-en-prend-a-laurent-blanc-2273382-5166.php

Les équipes : Comme des entreprises classiques, les équipes ont pris conscience de l’enjeu des réseaux sociaux et se sont structurés en conséquence. Avec une équipe dédiée à la communication sur les réseaux sociaux les clubs font vivre les matchs aux supporteurs sur leurs smartphones en produisant des visuels adaptés à chaque situation. Hors des temps de compétition, elles n’hésitent pas à demander des messages de soutien pour les joueurs, à faire des interviews de sportifs directement à partir de questions posées via un hashtag dédié, elles fêtent les anniversaires des joueurs actuels mais aussi des anciennes gloires et enfin organise des concours pour faire gagner des places, des maillots ou des rencontres avec les sportifs. http://www.frenchweb.fr/comment-le-psg-veut-jouer-en-premiere-division-dans-le-marketing-et-le-business/218790

Les médias : autres éléments clés de la monétisation des événements sportifs, les médias encouragent les spectateurs à partager leurs émotions sur les réseaux sociaux. Les commentaires des fans étant parfois tellement bien trouvés qu’ils se retrouvent affichés dans les supports médias : tv, presse écrite, presse online utilisent les tweets pour faire vivre le match. A tel point que la chaine sportive BeIn proposait à ces abonnés de suivre des matchs de football sans commentaire oral mais seulement avec des tweets affichés sur l’écran. Ce « pure live » a été arrêté aujourd’hui. De son côté Canal Plus se sert des meilleurs tweets trouvés pour faire des résumés de match dans l’émission J+1. http://www.canalplus.fr/c-sport/football/ligue-1/pid6606-j-1.html?vid=1435658

Dernier acteur mais non des moindres les marques : conscientes que les événements sportifs sont des temps de communication important elles essayent de s’associer à des compétitions, des équipes, des fédérations pour se donner une image dynamique. Prenons l’exemple du partenariat entre l’équipe de France de Rugby et la Société Générale. Lors de la demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby en 2015 France/Nouvelle-Zélande la Société Générale a demandé des tweets d’encouragements aux supporteurs avec #Auplusprèsdu15 pour les affichés sur le chemin du stade dans l’objectif d’encourager les tricolores. http://www.dailymotion.com/video/x544qzh_fred-farid-paris-pour-societe-generale-au-plus-pres-du-xv-decembre-2016_news Cette belle opération de communication pour la banque a permis de générer un fort engagement avec ces cibles.

Comment Twitter veut profiter de ces audiences ?

En permanence à la recherche de monétisation de son audience, Twitter a bien compris que les événements sportifs représentaient une source de financement à exploiter. Pour cela Twitter propose « Amplify » des extraits courts de la compétition avec une publicité pre-roll. Cette pub est définie en amont avec une marque associée au programme. La marque met un budget sur Twitter sur l’ensemble de la compétition et chacun des clips est poussé par la marque vers une audience et la marque apparaît en « pré-roll » avant chaque extrait vidéo. Twitter reverse une partie de la monétisation de l’annonceur vers l’ayant droit détenteur des droits de diffusion. C’est ce type de format qui est utilisé pendant Rolland Garros avec l’opération #Pointextraordinaire : France TV (détenteur des droits) donne le plus beau point de la journée à la marque Perrier qui diffuse à son audience avec un Pré-roll de l’eau pétillante. https://twitter.com/Perrier/status/734794210918961152

Autre piste de monétisation des audiences sportives pour Twitter : le live via son réseau social satellite Périscope. Ces « Live » retransmettent des événements en direct avec un sponsor en pré-roll de 30 secondes. Ce fut notamment le cas lors du dernier tournoi des 6 nations. France TV a diffusé le match directement sur la plateforme avec un pré-roll payant http://www.sportsmarketing.fr/tournoi-6-nations-direct-twitter/ Pour l’annonceur l’achat se fait au cout par vue (CPV). Selon Twitter, ce cout peut descendre jusqu’à 0, 03 cts d’€. La facturation se déclenche à partir de 2 secondes de vue.

Comme nous avons pu le voir au cours de cet article le secteur du sport et Twitter ont des intérêts communs à travailler ensemble : l’un pour faire vivre encore plus d’émotion à ses spectateurs et l’autre à monétiser son audience. Ce partenariat gagnant/gagnant devrait créer de nouveaux formats de diffusion à venir sur Twitter.

 

Comment maitriser et développer son e-réputation ?

Comment maitriser et développer son e-réputation ?

Ce samedi 8 octobre, j’ai la chance d’intervenir au Salon de l’Etudiant spécial parents en collaboration avec MyCVFactory sur la maitrise et le développement de son e-réputation. L’occasion pour moi de partager avec vous les bonnes pratiques qui me semblent indispensables pour se faire recruter grâce aux réseaux sociaux.

Pourquoi s’inscrire sur les réseaux sociaux pour se faire recruter ?

La question peut paraître bête mais les faits sont là : 94 % des recruteurs utilisent LinkedIn pour se faire un avis sur un candidat (Etude Jobvite de 2014, donc aujourd’hui…). Selon une étude publiée par LinkedIn en 2015, 43 % des recruteurs français estiment que le recrutement via les réseaux sociaux va fortement augmenter dans les années à venir. A l’heure actuelle, 7 % des recrutements se font déjà directement sur les réseaux sociaux en France, d’après le blog MyRHCommunity. Si on ajoute à cela les 220 000 offres d’emplois publiées chaque jour sur Twitter, vous l’avez compris : s’inscrire sur les réseaux sociaux est quasiment devenu une obligation pour être recruté.

Etre présent sur les réseaux sociaux d’accord mais pour quoi faire ?

Le nerf de la guerre : avant de vous lancer sur réseaux sociaux vous devez vous poser les bonnes questions : « Quelles expertises mettre en avant ? » et « Que dois-je montrer pour être recruté ? ». Une fois que vous avez répondu à ces questions, il est temps de définir votre stratégie éditoriale en adéquation avec vos réponses. Si vous souhaitez travailler dans le secteur bancaire, par exemple, montrer que vous vous intéressez au secteur en partageant votre veille avec un regard critique : publier l’article/lien et ajouter un commentaire personnalisé. Prenez le temps de produire votre propre contenu au sujet de la nouvelle règlementation Bâle III sous forme d’un LinkedIn Pulse (oui oui comme celui-là), à travers un article de blog, une vidéo ou encore une infographie ! Enfin, n’hésitez pas à engager la discussion avec des experts/influenceurs reconnus sur Twitter.

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Comme lors d’un entretien d’embauche, il faut éviter d’avoir un langage familier pendant une discussion sur Twitter ou LinkedIn. Vos discussions laissent des traces et les recruteurs sont à l’affût du moindre faux pas.

Faites attention à bien respecter votre ligne éditoriale et à garder un ton professionnel : Twitter et LinkedIn ne sont pas des sites de rencontres ! Evitez de draguer ouvertement une personne sur ces réseaux ou alors utiliser un autre compte sous pseudo.

Sur vos réseaux sociaux professionnels, favorisez la qualité à la quantité. Cela vaut pour vos contacts, mieux vaut 100 contacts connus personnellement que 1 000 inconnus, et pour vos réseaux sociaux, concentrez vos efforts sur 1 ou 2 réseaux (LinkedIn et Twitter).

Enfin, ne plagiez jamais le contenu d’autres personnes. Mieux vaut un contenu pas tout à fait abouti qu’un article parfait qui ne serait pas le vôtre. De plus, ne prenez pas le recruteur pour une buse : il sentira très vite si quelque chose cloche…

En résumé, pour maitriser et développer votre e-reputation sur les réseaux sociaux : concentrez-vous sur 1 ou 2 réseaux sociaux de manière professionnelle, partagez et créez votre propre contenu et n’hésitez pas à interagir avec d’autres professionnels !

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@ThomG75

Sources :

https://www.youtube.com/watch?v=0SykxmloSMg

 

CFPJ/Oasys : Métiers de la communication et des contenus : la grande disruption ?

Mercredi 28 février 2017, le CFPJ et Oasys Consultants organisaient à Paris une matinée consacrée aux évolutions de la communication autour de deux tables rondes. Après 3 heures d’échange, 9 intervenants et 15 cafés, voici un résumé de cet événement.

La communication horizontale

La première table ronde traitait de l’évolution du métier de directeur de la communication. Pour en parler, les organisateurs ont invité Isabelle Cambreleng (Visiomed Group), Sabine Baudin-Delmotte (Groupe BPCE), Philippe Deliurie (Météo Job), Bertrand Le Ficher (Oasys Consultants) et Florence Haxel (CFPJ) à venir partager leurs expériences. L’ensemble des participants sont unanimes sur un point : le métier de directeur de la communication a évolué de la même façon que la communication en soi. Auparavant, les messages des entreprises étaient descendants : l’entreprise communiquait et la cible recevait l’information sans échange. Aujourd’hui, internet et les réseaux sociaux ont déclenché des mécaniques de conversation. La communication n’est plus verticale mais horizontale. « L’interaction est le principe nouveau et il faut être en mesure de répondre rapidement », explique Sabine Baudin. Les interactions obligent aujourd’hui les entreprises à répondre aux demandes des parties prenantes.

Des frontières poreuses

Ces interactions provoquent un mélange des genres entre les métiers de la communication : les branches marketing, communication et commercial ont des frontières de plus en plus poreuses. Ces frontières instables et ces nouvelles attentes donnent un nouveau rôle au « DirCom » : il évolue de plus en plus vers un métier de médiateur toujours plus transversal. Son rôle change pour être à la recherche de lien et de liant entre les parties prenantes.

L’ère du digital : la grande disruption ?

La seconde table ronde de la matinée portait sur « Le contenu à l’ère du digitale : nouveaux médias, nouveaux business, nouveaux métiers ? ». Carole Bienaimé Besse (CSA), Caroline Baldeyrou (Boursorama), Emmanuelle Leneuf (FlashTweet), Bertrand Le Ficher (Oasys Consultant) et Thierry Guilbert (CFPJ) étaient présents pour répondre à cette thématique. Au cours des échanges, on s’aperçoit que les contenus (les articles), les contenants (les médias) et les rédacteurs (les journalistes) ont rapidement changé grâce à l’ère du digital.

Le contenu digital : un terrain de créativité et d’originalité

Les contenus produits pour le digital (vidéo, infographie, article…) sont aujourd’hui singuliers. Il ne s’agit plus de dupliquer ce qui a déjà été fait, mais bien de faire preuve de créativité et d’originalité pour exister sur internet. Comme le fait remarquer Carole Bienaimé Besse : « les nouveaux médias permettent de faire émerger des talents qui n’auraient pas eu leur chance en télévision » Si le contenu a évolué, c’est aussi pour s’adapter à la demande de l’audience. « Avant de comprendre, l’audience veut savoir », explique Emmanuel Leneuf. Ce changement d’attente explique le succès des contenus courts : pas besoin de tout comprendre, avoir l’information suffit. Selon Thierry Guilbert, trois mots sont au cœur des enjeux de l’audience des médias : le marketing, l’éditorial et le business. Les journalistes peuvent se retrouver à créer du contenu avec une personne du marketing pour s’assurer que ce contenu soit bien vu pour être lu. « On se préoccupe beaucoup plus de l’audience et de la manière dont elle va réagir », souligne le directeur du CFPJ.

Une des particularités du contenu à l’ère du digital est sa capacité à être mesurable de manière précise. En effet, les solutions d’analyse de l’audience comme Google Analytics ou AT Internet permettent de savoir exactement combien de fois votre article a été vu. Ainsi les mesures incitent les rédacteurs à écrire des contenus qui fonctionnent et à arrêter rapidement les contenus moins populaires. C’est l’heure de l’A/B testing : le « test and learn » au quotidien.

Le contenant digital : à la recherche du bon modèle

L’évolution de la communication vers le digital fait apparaître de nouvelles formes de médias. Des pure-players (presse 100 % digitale) apparaissent chaque mois avec plus ou moins de réussite. La problématique principale de ces supports est de monétiser leur audience. Avec 600 000 visites par jour, le site Boursorama vit sans accès payant : publicité, co-création de contenu et leads vers la banque permettent à ce média de se financer. Des médias avec accès payant comme Médiapart ou Les 4 Heures trouvent un modèle stable. D’autres cherchent encore la solution. La fondatrice du FlashTweet espère monétiser son activité grâce à son audience. Avec sa communauté de 30 000 twittos fidèles et experts, elle espère faire payer son audience aux marques qui souhaiteront bénéficier de sa visibilité sans pour autant faire du Brand content.

Le journaliste digital : adaptation et communauté

Le journaliste classique a dû s’adapter au digital comme l’explique la journaliste Emmanuel Leneuf : « J’ai adapté mon métier aux nouveaux enjeux » pour informer sur les réseaux sociaux. L’ère du digital entraîne aussi une évolution du métier de journaliste : les prochaines générations de journalistes vont devoir maîtriser de nouvelles techniques pour être en adéquation avec leur audience. La réalisation d’infographies, de motion design et le montage vidéo sont des compétences devenues quasiment indispensables pour les journalistes modernes. Un des enjeux majeurs pour les journalistes d’aujourd’hui est de se constituer une communauté de lecteurs. En effet, cette audience individuelle peut les servir pour trouver de nouvelles opportunités de carrière.

In fine, le digital a bien transformé l’ensemble des métiers de la communication. Mais ces métiers et l’ensemble des parties prenantes ont su s’adapter en redoublant de créativité et d’originalité. La question majeure des années à venir est bel et bien celle de la qualité de l’information. De nombreuses initiatives sont lancées pour lutter contre les « fake news » sur internet mais les enjeux de monétisation (publicité, brand content, attente de l’audience) peuvent perturber la neutralité de l’information disponible sur le digital.

Matières premières: Quel scénario pour le secteur pétrolier en 2017 ?

Strategie, Technologienovembre 17, 2017

Le contenu au cœur de la stratégie digitale d’une marque ?

Mardi 7 juin 2016, le Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (CFPJ) organisait une conférence gratuite avec pour intitulé « Google et Facebook : les nouveaux dictateurs de votre stratégie éditoriale ? ». Après un rappel de la prédominance de Google et Facebook dans l’univers digital, Olivier Raviart (consultant), Patrick Chambon (Parrot) et Philippe Koechlin (Total) ont détaillé les tendances actuelles en termes de contenu pour les marques sur les réseaux sociaux dont voici un condensé.

Pour Olivier Raviart, une des tendances très forte sur le contenu des marques est la superficialité des contenus proposés. Aujourd’hui on parle de « Snackable Content » : un contenu vite consommé et facile à partager. Ces types de contenus s’adaptent particulièrement bien à l’utilisation des internautes : je regarde et je zappe. Selon une étude de SimilarWeb, le temps d’usage des réseaux sociaux est en diminution. D’où la question sans fin qu’on vient à se poser : les internautes restent-ils de moins en moins longtemps sur les réseaux sociaux car les contenus sont de plus en plus courts ou bien comme le contenu est de plus en plus court ils restent de moins en moins longtemps ? La question est ouverte…

La marque devient rédactrice en chef

Une certitude aujourd’hui : la marque doit produire du contenu et doit s’organiser en fonction. C’est un levier de réussite pour elle sur les réseaux sociaux. Pour produire ce contenu, la marque a dû se transformer pour devenir elle-même rédactrice en chef. Elle détermine les sujets et donne le ton de sa ligne éditoriale. Ce qui est intéressant avec cette approche c’est la confusion de plus en plus prononcée des métiers de la communication. Chaque communicant doit avoir des connaissances en marketing, relations presse, communication corporate et même des notions de journalisme. De nombreux observateurs pensent que les métiers d’attaché de presse et de community manager fusionneront dans un avenir proche. Je m’inscris pleinement dans cette analyse.

De plus, les contraintes imposées par les réseaux sociaux (éphémerité, les 140 caractères…) obligent les communicants à être créatifs pour être visibles. Des formats, parfois oubliés, reviennent en force tels que des visuels, des infographies, des vidéos courtes, des GIF… Ces formats sont devenus indispensables dans une stratégie éditoriale en ligne. Chez Total, tous les réseaux sociaux n’ont pas la même valeur et certains permettent d’en alimenter d’autres. Ainsi en 2010, Total a fait le choix de favoriser et d’éditorialisés Facebook, Twitter et LinkedIn. Une partie de la stratégie de Total consiste à alimenter les réseaux sociaux éditorialisés avec des contenus déposés sur d’autre plateforme tel que Youtube, Instagram et Vine.

Utiliser des influenceurs pour mettre en avant l’utilisation du produit

Chez Parrot (spécialiste des drônes), Patrick Chambon (directeur marketing digital) pense que la marque est devenue une personne : elle doit dire « je » et doit être en mesure de parler d’autre chose qu’elle-même. La marque n’est pas seulement une entité : elle doit montrer de l’humain dans ses contenus, elle ne doit plus être autocentrée. Pour produire du contenu chez Parrot, la direction de la communication a choisi de faire appel à des influenceurs hors de leur domaine d’activité : des influenceurs food, voyages, mode… Loin de l’écosystème Parrot, ces influenceurs ont permis de mettre en avant l’utilisation du produit et pas seulement le produit en lui-même. L’opération prévoit la production de 300 contenus dans l’année avec cinq influenceurs dans cinq pays différents. Grâce à cette campagne, plus de 3 millions de vues ont été comptabilisées sur les réseaux sociaux selon Patrick Chambon. Le prix de ce programme influenceurs ? 100.000 euros sur un an avec un budget de 5.000 euros par évènements avec un influenceur.

Plusieurs enseignements sont à tirer de cette conférence pour faire du contenu apprécié sur les réseaux sociaux : du contenu court en adéquation avec votre ligne éditoriale, être créatif en fonction des contraintes imposées par les réseaux sociaux, ne pas parler uniquement de soi mais aller plus loin et enfin s’appuyer sur des influenceurs pour produire des contenus qui permettent aux consommateurs de s’identifier à l’utilisation du produit.

CFPJ Buzz : « Les nouveaux formats vidéo : armes fatales ou pas ? »

Selon une étude Cisco, 82 % du trafic internet sera de la vidéo à l’horizon 2020. Ce chiffre explique l’attrait de la vidéo pour les participants du CFPJ Buzz (conférence organisée par le CFPJ) ont largement plébiscité ce thème pour cette nouvelle édition. Pour nous décrypter les enjeux de la vidéo sur le digital, 3 experts sont invités à présenter leur vision : Charles Henry Groult – journaliste rédacteur multimédia chez LeMonde.fr, Manuel Diaz – président de l’agence de com E Makina et Fabienne Lochardet – directrice pédagogique Groupe Abilways. Voici un résumé des échanges…

La vidéo, un vecteur d’émotions

Pour Manuel Diaz et Fabienne Lochardet, l’avantage de la vidéo par rapport à d’autres formats est de susciter une émotion. Cette émotion permet d’ancrer une idée, de faciliter l’apprentissage et de capter l’attention du spectateur.

La réalisation d’une vidéo à destination du web doit répondre au cahier des charges de chaque support : une vidéo sur Facebook doit être différente d’une vidéo diffusée sur son site en raison des usages du consommateur sur chaque média. Par exemple sur Facebook, le son n’est jamais activé (tout comme sur mobile) d’où l’importance de mettre des sous-titres.

Néanmoins des dénominateurs communs existent d’un point de vue technique et éditorial. Pour réussir une vidéo, l’introduction et l’outro (la conclusion) doivent être particulièrement soignées. L’introduction est un élément clé, les 3 premières secondes sont déterminantes dans l’attrait du spectateur pour le contenu. Ainsi, il faut être percutant et surprendre (si possible) dès le départ (évitez de mettre un générique de départ). L’outro est le moment de la signature du média, de la marque pour installer une identité visuelle. De même, le son doit être un élément soigné de votre vidéo : il doit être audible sans problème. Enfin, un montage bien réalisé est déterminant pour la consommation du contenu. Le « montage cut » démocratisé par les Youtubeurs, un montage simplifié où l’on passe sans transitions ni effets d’une séquence vidéo à l’autre, est très apprécié par les internautes.

D’un point de vue éditorial la vidéo ne se suffit pas en soi, elle doit renvoyée vers un complément. Elle sert de porte d’entrée via la plateforme de diffusion pour attirer sur le site.

Les médias traditionnels et les vidéos : exemple du Monde.fr

Pour Charles Henry Groult, la vidéo doit être un outil maîtrisé par le journaliste pour 2 raisons : pour diffuser de l’information bien sûr mais aussi pour vérifier l’information. Connaître les codes d’utilisation des vidéos est un élément de contexte pour le journaliste indispensable à la vérification de l’information.

La production de vidéos quotidienne demande une équipe étoffée. L’équipe du Monde.fr est composée de 12 journalistes polyvalents. Chacun sait tourner, monter et bien entendu éditorialiser les contenus. Cela permet de produire 2/3 vidéos par jours.

LeMonde.fr utilise également des agences d’images (Reuters, AFP…) pour récupérer des rushs. A partir de ces images brutes, les journalistes produisent du contenu en ligne avec l’actualité tout en apportant des compléments d’informations.

Cette équipe est complétée par 7 personnes entièrement dédiées à Snapchat pour produire un contenu par jour pour une audience de 200 000 vues par jour.

In fine, pour chacun des intervenants la vidéo est une arme fatale : pour attirer des internautes sur son site et ainsi « monétiser » son audience (LeMonde.fr), pour faire passer un message corporate (E Makina) ou encore pour l’apprentissage (Abilways). Une arme fatale donc mais dont le fond et la forme doivent être particulièrement soignées par attirer une audience qualifiée.